Que faire de sa douance ?

Que faire de sa douance ?

Si certains zèbres vivent avec leur douance depuis l’enfance, ce n’est pas le cas de tous ceux qui l’ont appris à l’âge adulte.
La différence est importante car les premiers ont appris à vivre avec, ont eu le temps de l’apprivoiser, de s’en accommoder et de l’utiliser parfois. Bien sûr je fais référence à ceux qui ont été accompagnés par leurs parents ou leur entourage en toute bienveillance et non à ceux qui ont été stigmatisés comme des individus tellement intelligents qu’ils étaient supérieurs en tout, sans faiblesse, sans faille… ce qu’ils ne sont pas.

Les surdoués qui l’ont appris à l’âge adulte l’ont souvent découvert de façon fortuite, soit au travers de leurs enfants eux-mêmes détectés, soit à la suite d’un bouleversement dans leur vie professionnelle ou personnelle, les conduisant chez un thérapeute ou un coach, mettant le doigt dessus.

Chez mes clients HPI qui font partie de cette catégorie, la nouvelle de leur atypisme a été un immense chamboulement avec beaucoup d’émotions et de questions associées. Le doute, la surprise, l’incompréhension, la colère… au titre des émotions. Et des questions comme : « Dois-je le dire ? », « A qui ? », « Va t’on me croire ? », « Ne va-t-on pas penser que je suis présomptueux ? », « Maintenant que je le sais, que puis-je en faire ? »…

Il y a beaucoup de littérature parlant du mal être des surdoués adultes dû à leur décalage par rapport au reste de la société. Mais ce n’est pas mon propos. Je pense que l’on peut tout à fait se découvrir un QI à plus de 130 et vivre très bien avec.

Passé le choc de l’annonce, puis l’éventuelle reconstruction psychologique qui l’accompagne, la douance est une force et le haut potentiel adulte doit se mettre en ordre de bataille pour en profiter pleinement.

Pour cela il y a plusieurs angles d’attaque : écouter ses besoins, apprendre à mieux se connaître, comprendre le monde dans lequel il évolue, …

Ce point est crucial, car s’il y a pléthore d’ouvrages et d’articles sur les zèbres et autres HPI, HPE… plus rares sont ceux, à l’usage des HPI, sur les neuro typiques, c’est à dire les 98% qui les entourent. Pourtant, apprendre comment fonctionne les 98% de la population qui ne sont pas comme lui, car lui ne va pas changer et les autres non plus, permet de mieux se positionner et donc de trouver sa place. 

Chacun doit composer avec l’autre et surtout lui qui fait partie de la minorité des 2 et quelque %. Rien ne sert de résister, le mieux est de comprendre et de s’adapter, sans pour autant tomber dans la suradaptation et le faux self, une grande spécialité des surdoués ! Un véritable numéro d’équilibriste en somme. 

C’est finalement une fois toutes les cartes en main, que l’individu HPI peut commencer à orchestrer sa douance et s’en servir. Car il serait dommage de ne pas l’exploiter !

Et pour cela, il n’est pas nécessaire, de se dévoiler au grand jour. La surdouance « maîtrisée » est d’une efficacité redoutable. Elle permet de voir ce que les autres ne voient pas, d’entendre ce que les autres n’entendent pas, d’appréhender une situation dans sa globalité, de connaître à l’avance les effets et l’impact d’une décision, de rendre l’impalpable palpable… 

Certains parlent de supers pouvoirs. Oui, c’est exactement ça ! Alors forcément quand ces supers pouvoir sont connus, acceptés et domptés par le surdoué, ils sont puissants.

Il est clair que pour certains, vivre avec sa douance n’est pas un problème. Ceux-là vont surfer sur la vague, utiliser tous leurs pouvoirs d’HPI, consciemment ou non, au grand jour ou en catimini. Les neuro typiques n’y verront que du feu ou alors ils n’y comprendront rien. Quoi qu’il en soi, pour cette catégorie de surdoués, la douance n’est pas une difficulté, elle est là et c’est tout : elle est exploitée tous les jours dans toutes les situations de la vie avec le filtre qui convient.

Pour les autres en revanche, pour en arriver là, le chemin sera long mais la récompense est au bout. Parce qu’ils auront été accompagnés par un psychologue et/ou un coach, et qu’ils auront appris à gérer leurs incroyables capacités, ils sauront enfin quoi faire de leur douance. Ils sauront alors qu’il n’est pas question de la laisser au placard et qu’il faut absolument s’en servir, tous les jours, au travail comme à la maison, en dosant l’effet en fonction de leur entourage.

Alors oui, la douance n’est pas forcément un cadeau mais elle le devient quand elle est connue et maîtrisée en conscience par l’individu surdoué.

2 commentaires

  • Guenola :)

    "Ce point est crucial, car s’il y a pléthore d’ouvrages et d’articles sur les zèbres et autres HPI, HPE… plus rares sont ceux, à l’usage des HPI, sur les neuro typiques" : ça, ça serait un livre qui rejoindrait mes livres sur les HPI! Ca me serait bien utile!

    • Effectivement Guenola, il y a encore peu d'ouvrages sur le sujet. Ils restent encore éclipsés par tous les autres mais commencent à se faire une place.

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